Wednesday, March 15, 2017

Quand un riche s'ennuie... Billet de Charline à écouter et lire



Oui, le président du groupe Edmond de Rothschild organise des safaris de luxe où ses amis chasseurs payent 55 000 euros pour buter un éléphant. Ces gens ont le choix entre nourrir 50 villages pendant un an ou buter un animal, ils préfèrent buter un animal, c'est un choix. Euh, écoutez, il faut se mettre à la place du baron : quand t’as été élevé par Nadine de Rothschild et que tu vois comment un éléphant tient une fourchette à table, ben, c'est sûr, t’as envie de le buter, merde ! Après, pour organiser les safaris et construire les routes et les lodges climatisés avec piscines, le baron chasse aussi les pygmées. Trois campements ont été brûlés ; alors, ça c'est embêtant, parce que Benjamin de Rothschild qui vit en Suisse, il ne veut pas que les étrangers viennent chez lui. Mais il ne veut pas non plus que les étrangers restent chez eux. Même Robert Ménard ne va pas si loin. Et il a tort. Si on laisse faire, des tribus d’Afrique vont envahir la bourse de Paris, pour venir chasser les requins de la finance.
Le baron, lui, c'est la 20e fortune de France : près de trois milliards d'euros. Allez essayer de faire comprendre ça à un pygmée, il s’en bat le cocotier, le type. Alors, c'est la très sérieuse association Survival International qui nous alerte : au Cameroun, Benjamin de Rothschild prive les habitants de leur forêt natale. Il faut dire que les vauriens s’entêtent à chasser pour se nourrir. Et sans payer un kopeck au baron, hein ? Quand on sait qu'un éléphant est facturé 55 000 euros au gros beauf qui l’a tué, vous imaginez le manque à gagner ? D'autant que c'est giboyeux dans l’coin, oh la qu’c’est giboyeux, Patrick, vous n'imaginez pas ! Bien heureusement, il ne fait qu'expulser ces sauvages ; il va pas se mettre à les chasser non plus, parce que les trophées de pygmées se revendent très très mal sur le marché. Mais le Benjamin, écoutez, il a besoin d'aventure. Moi je me mets à sa place ; c'est chiant à mourir les bords du lac Léman, on sait pas comment tuer le temps. Et le temps, c'est de l'argent, donc on va tuer avec notre argent. Alors, je sais pas quel niveau ils ont en chasse, mais en sophismes, c'est des champions. Alors que se passe-t-il dans la tête des très très riches ? A un moment, ben ils savent plus quoi faire, et ils se disent "allez, allez on tue des animaux sauvages !" Pardon, mais moi quand je m'ennuie, je prends un bouquin ou je regarde un film. Je vais pas dégommer mon chat à chaque fois que je m'emmerde ! Eh ben, lui si ! 2017, de la fenêtre de son hôtel particulier parisien, il vise avec un laser une contractuelle. Garde à vue. Bim ! Maintenant il fait pareil avec les antilopes, voilà !
Alors il faudrait un jour songer à réguler la population des milliardaires néo-cons pour préserver l'écosystème, hein ? Ah notez, je pense que ça porte un nom déjà, ça s'appelle une révolution.

Tuesday, March 14, 2017

Lire et écouter un billet de Charline

Pauvre Rutebeuf


Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent me porte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Avec le temps qu'arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n'aille à terre
Avec pauvreté qui m'atterre
Qui de partout me fait la guerre
Au temps d'hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière
Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m'était à venir
M'est advenu
Pauvre sens et pauvre mémoire
M'a Dieu donné, le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient, le vent m'évente
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
  


Rutebeuf (1230 - 1285)
Adaptation en Français moderne
de la Griesche d'Hiver

Mes interprètes préférés : Léo Ferré, Cora Vaucaire



Friday, March 10, 2017

Que reste-t-il de nos amours ?

Une très belle voix pour cette grande chanson composée par Charles Trenet.
Pourtant ce fut Lucienne Boyer qui l'interpréta en 1942, un an avant lui.

Wednesday, March 01, 2017

Lire et écouter deux billets radiophoniques de Charline Vanhoenacker (France Inter)


Marc, quand vous réservez vous-même votre billet de train par internet, vous faites le job qui auparavant était occupé par un travailleur et le prix du billet n'a pas diminué pour autant.

Quand votre opérateur téléphonique vous interroge sur votre expérience client,
vous bossez pour lui, sans qu'il vous accorde une ristourne.
Mais Marc, heureusement, il y a des avantages : quand vous scannez vous-même vos articles au supermarché, vous pouvez choisir de le faire à votre rythme
et même très lentement avec plein de gens qui gueulent derrière.

Vous effectuez un travail là où aucun patron ne va venir vous virer ; vous êtes un petit peu l'autoentrepreneur de vos courses. Vous vous souvenez de cette époque
où le client était roi ? Eh ben, aujourd'hui c'est fini, désormais le client est employé
et le bénévolat, s'il est encadré par des horaires et qu'il implique un rapport de subordination dans l'équipe, c'est une forme de travail dissimulé.

Mais n'oublions pas que plus il y aura de bénévoles, moins il y aura de chômeurs.
Là-aussi, il y a plein d'avantages. Plus besoin de s'autoévaluer par un salaire,
plus besoin de demander une augmentation et même plus besoin de surveiller le montant de votre compte courant, vous n’en avez plus, voilà.

Alors autant le travail fictif est un cauchemar, mais le salaire fictif, c'est le rêve de Pierre Gattaz et c'est déjà une réalité en France, ça s'appelle un stage non-rémunéré ou du bénévolat ou une expérience client ou encore plus pernicieux l'engagement citoyen.

Ah, c'est sûr qu'en comparaison, le coût du travail sera toujours trop élevé.
Et là-dessus, Pierre viendra vous dire : "L'altruisme est une richesse." Je lis partout que le bénévolat est en hausse en France et c'est logique puisque dans notre pays, un des seuls domaines qui reste porteur, c'est la précarité.

Et elle a quel avantage, me direz-vous ? Mais la parité, la parité parfaite. Les femmes ne sont pas moins payées que les hommes, car comme eux, elles sont pas payées du tout, voilà le travail gratuit se niche partout, notamment chez les candidats de télé-réalité qui bossent gratos pour engraisser les producteurs et les chaînes de télé

et dans le fond, à chaque fois qu'on poste un statut sur Facebook, c'est un peu comme si on travaillait pour Mark Zuckerberg, le mec qui est devenu milliardaire grâce à nos photos de vacances au camping.
Voilà si vous saviez pas ce que Kim Kardashian fait comme boulot, ben maintenant vous savez qu'elle est bénévole pour Instagram.
Non, là où on verra qu'on est vraiment dans la merde, c’est quand y aura trop de bénévoles et qu'il faudra payer pour travailler gratuitement. 



Ah, oui, ben, je suis comme tout le monde, Patrick. Qui sommes-nous pour juger ce que ça représente comme coût de devoir entretenir un château ? Et cinq enfants, aussi
J'ai d'ailleurs une pensée pour eux ce matin, les enfants du couple Fillon qui pensaient que leur maman était mère au foyer, et qui viennent de découvrir qu'ils étaient élevés par une assistante, une travailleuse, quelle tragédie, Patrick. Ça, c'est très mal vu, dans le milieu.

Pour Pénélope Fillon, ça a été un choc aussi, quand dans la presse elle a découvert qu'elle avait travaillé. Tout de suite elle s'est dit, mais moi qui pensais vivre dans un pays tellement généreux où l'État donnait mille euros par enfant dans chaque foyer, et en fait pas du tout. Ah bon alors, c'est pour ça que les Français, ils se plaignent. Ah, si elle avait su, Pénélope, elle serait allée au syndicat direct, Patrick, elle serait allée au MEDEF.

Alors, ben, tout ça sert de leçon aux femmes des non-élus. Notez, elle fait déjà son chemin. Hier, à la mairie de Bordeaux, Isabelle Juppé était distraite, elle a voulu donner un coup de main et bêtement elle a changé une ampoule du vestibule. Ben bim ! elle a envoyé la facture à Juppé.

Ah ben, elle est transparente, c'est un premier pas vers plus de solidarité.
La solidarité, oh, c'est tout les Fillon ça, moi, je revois encore François, en visite chez Emmaüs, enveloppé dans sa petite veste matelassée. C'était beau, ça m'a rappelé Pénélope qui disait "Je suis juste une paysanne" ah, dites donc, à ce prix là, c'est forcement du bio.

A ce propos, moi, j'aimerais savoir si ses confitures, elle les fait elle-même. En tout cas, elle a les casseroles pour le faire.
Eh, j'en connais une qui va passer le week-end à confesse, moi.
Alors, malheureusement, il ne reste plus grand chose de tout l'argent qu'elle a gagné. Pénélope a tout claqué en télé-achat. Oh ben, vous savez ce que c'est, vous, Patrick, la vie de la ménagère, jamais sortir de la maison, ben quand Marion Nardi, elle vous montre un autocuiseur, vous craquez, vous êtes vulnérable.
Sale affaire, quand-même, à à peine trois mois des élections, c’est ce qui s'appelle se gaufrer à trois mètres du buffet.
Moi, ça me fait penser à l'affaire DSK sauf que Fillon, ben quand il ripe, c'est avec sa femme, évidemment.