Sunday, November 13, 2016

Faut vivre

Faut vivre, chanson de Mouloudji 1973




Paroles de Marcel Mouloudji, musique de Cris Carol

Malgré les grands yeux du néant
C'est pour mieux te manger enfant
Et les silences et les boucans...
Faut vivre

Et bien qu'aveugles sur fond de nuit
Entre les gouffres infinis
Des milliards d'étoiles qui rient...
Faut vivre...

Malgré qu'on soit pas toujours beau
Et que l'on n’ait plus ses seize ans
Et sur l'espoir un chèque en blanc
Faut vivre...

Malgré le cœur qui perd le nord
Au vent d'amour qui souffle encore
Et qui parfois encore nous grise
Faut vivre...

Malgré qu'on n’ait pas de génie
N'est pas Rimbaud qui veut pardi
Et qu'on se cherche un alibi
Malgré tous ces morts en goguette
Qui errent dans les rues de nos têtes
Faut vivre...

Malgré qu'on soit brave et salaud
Qu'on ait des complexes à gogo
Et qu'on les aime, c'est ça le pire
Faut vivre...

Malgré l'idéal du jeune temps
Qui s'est usé au mur du temps
Et par d'autres repris en chantant
Faut vivre...

Malgré qu'en s’ tournant vers l’ passé
On est effrayé de s’avouer
Qu’on a tout d’ même un peu changé
Faut vivre...
Malgré que l’on soit de passage
Qu'on vive en fou, qu'on vive en sage
Tout finira dans le naufrage
Faut vivre...

Malgré qu'au ciel de nos poitrines
En nous sentinelle endormie
Dans un bruit d'usine gémit
Le cœur aveugle qui funambule
Sur le fil du présent qui fuit
Faut vivre...

Malgré qu'en nous un enfant mort
Si peu parfois remue encore
Comme un vieux rêve qui agonise
Faut vivre...

Malgré qu'on soit dans l'engrenage
Des notaires et des héritages
Où le cœur s'écœure et s'enlise
Faut vivre...

Malgré qu'on fasse de l'humour noir
Sur l'amour qui nous en f’ra voir
Jusqu'à c’ qu'il nous dise au revoir
Faut vivre...

Malgré qu'à tous les horizons
Comme un point d'interrogation
La mort nous regarde d'un œil ivre
Faut vivre...

Malgré tous nos serments d'amour
Tous nos mensonges jour après jour
Et bien que l'on n’ait qu'une vie
Une seule pour l'éternité
Malgré qu'on la sache ratée....

Faut vivre...




Saturday, September 03, 2016

J'aime les gens qui doutent, chanson d'Anne Sylvestre



J'aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur cœur se balancer

J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils nous semblent
Capables de juger
J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut
Ceux qui, avec leurs chaînes
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du cœur
Pour n'avoir pas su dire 
Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme
Et daltoniens de l'âme
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'histoire
Leur rende les honneurs

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui doutent
Mais voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercie
Qu'on leur dise, on leur crie :
Merci d'avoir vécu

Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses

Qui ont fait ce qu'elles ont pu

Friday, July 08, 2016

La complainte de la Butte





En haut de la rue St-Vincent
Un poète et une inconnue
S'aimèrent l'espace d'un instant
Mais il ne l'a jamais revue

Cette chanson il composa
Espérant que son inconnue
Un matin de printemps l'entendra
Quelque part au coin d'une rue

La lune trop blême
Pose un diadème
Sur tes cheveux roux
La lune trop rousse
De gloire éclabousse
Ton jupon plein de trous

La lune trop pâle
Caresse l'opale
De tes yeux blasés
Princesse de la rue
Soit la bienvenue
Dans mon coeur blessé

Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux
Les ailes des moulins protègent les amoureux

Petite mandigote
Je sens ta menotte
Qui cherche ma main
Je sens ta poitrine
Et ta taille fine
J'oublie mon chagrin

Je sens sur tes lèvres
Une odeur de fièvre
De gosse mal nourri
Et sous ta caresse
Je sens une ivresse
Qui m'anéantit

Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux
Les ailes des moulins protègent les amoureux

Mais voilà qu'il flotte
La lune se trotte
La princesse aussi
Sous le ciel sans lune
Je pleure à la brune
Mon rêve évanoui

Tuesday, June 07, 2016

licenciement, tuerie, tutoiement, etc. : orthographe et phonétique

Verbes du 1er groupe et substantifs avec suffixe -ment ou -rie issus de ces verbes 

Le futur simple et le conditionnel présent sont formés à partir de l’infinitif.

La terminaison ou le suffixe contient  une voyelle prononcée (et donne lieu à une nouvelle syllabe) et le E qui ferme l’avant-dernière syllabe est muet.
Il en va de même pour les noms issus de ces verbes.
Le suffixe –ment exprime l’action. 
Le E est muet en fin de syllabe.
Exemples : j’étudierai, tu noieras, il pliera, nous jouerions, vous bénéficieriez, ils tueraient.

Substantifs :

Déployer : le déploiement
Engouer : l’engouement
Licencier : le licenciement
Dévouer : le dévouement
Dénuer : le dénuement
Tutoyer : le tutoiement
Vouvoyer : le vouvoiement
tuer : la tuerie
scier : la scierie
la rouerie (provenant du verbe rouer)


Le E est muet, mais grâce à lui, on retrouve l’infinitif presque entier dans le substantif. 

Autre cas
Attention toutefois : si E en fin de syllabe précède une double consonne, il n'est plus muet, mais devient une voyelle qui se prononce "é".
Exemple : une brouettée

Sunday, April 03, 2016

Adresse à celles qui portent volontairement la burqa, Elisabeth Badinter


Tribune d’Elisabeth Badinter dans le Nouvel Observateur du 9 juillet 2009. 
Après que les plus hautes autorités religieuses musulmanes ont déclaré que les vêtements qui couvrent la totalité du corps et du visage ne relèvent pas du commandement religieux mais de la tradition, wahhabite (Arabie Saoudite) pour l’un, pachtoune (Afghanistan/Pakistan) pour l’autre, allez-vous continuer à cacher l’intégralité de votre visage ?
Ainsi dissimulée au regard d’autrui, vous devez bien vous rendre compte que vous suscitez la défiance et la peur, des enfants comme des adultes. Sommes-nous à ce point méprisables et impurs à vos yeux pour que vous nous refusiez tout contact, toute relation, et jusqu’à la connivence d’un sourire ?
Dans une démocratie moderne, où l’on tente d’instaurer transparence et égalité des sexes, vous nous signifiez brutalement que tout ceci n’est pas votre affaire, que les relations avec les autres ne vous concernent pas et que nos combats ne sont pas les vôtres.
Alors je m’interroge : pourquoi ne pas gagner les terres saoudiennes ou afghanes où nul ne vous demandera de montrer votre visage, où vos filles seront voilées à leur tour, où votre époux pourra être polygame et vous répudier quand bon lui semble, ce qui fait tant souffrir nombre de femmes là- bas ?
En vérité, vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie. Subversion, provocation ou ignorance, le scandale est moins l’offense de votre rejet que la gifle que vous adressez à toutes vos soeurs opprimées qui, elles, risquent la mort pour jouir enfin des libertés que vous méprisez. C’est aujourd’hui votre choix, mais qui sait si demain vous ne serez pas heureuses de pouvoir en changer. Elles ne le peuvent pas… Pensez-y.
Elisabeth Badinter


















Saturday, April 02, 2016

Un jour tu verras, chanson de Mouloudji

Un jour tu verras, chanson de Mouloudji





Un jour tu verras
On se rencontrera
Quelque part, n'importe où
Guidés par le hasard

Nous nous regarderons
Et nous nous sourirons
Et la main dans la main
Par les rues nous irons

Le temps passe si vite
Le soir cachera bien
Nos cœurs, ces deux voleurs
Qui gardent leurs bonheurs

Puis nous arriverons
Sur une place grise
Où les pavés seront doux
A nos âmes grises

Il y aura un bal
Très pauvre et très banal
Sous un ciel plein de brume
Et de mélancolie

Un aveugle jouera
De l'orgue de barbarie
Cet air pour nous sera
Le plus beau, le plus joli

Puis je t'inviterai
Ta taille je prendrai
Nous danserons tranquilles
Loin des gens de la ville

Nous danserons l'amour
Les yeux au fond des yeux
Vers une fin du monde
Vers une nuit profonde

Un jour tu verras
On se rencontrera
Quelque part, n'importe où
Guidés par le hasard

Nous nous regarderons
Et nous nous sourirons
Et la main dans la main

Par les rues nous irons


1954, paroles de Mouloudji, musique de Georges van Parys