Wednesday, September 23, 2015

Tournures négatives à valeur positive


Chers étudiants et amis,
Beaucoup plus que l'anglais, le français a recours de façon idiomatique à des constructions de forme négative pour exprimer une affirmation. Il s'agit d'un euphémisme ou de ce qu'on appelle le procédé rhétorique de la litote.

Je ne déteste pas boire un p’tit coup de temps en temps.

Si je peux faire quelques heures en plus, je ne crache pas dessus.
Je ne suis pas fan de…
On aurait tort de s’en priver (= on aurait raison d’accepter.)
Je ne vais pas sauter au plafond (= je ne suis pas fou / folle de joie)
Je n’irai pas par quatre chemins (= je vais être direct)
Je ne vais pas en rester là (= je ne vais pas me laisser faire)
Je ne suis pas partisan de la violence.
Je ne suis pas en forme, aujourd’hui. Je ne suis pas dans mon assiette. Je n’ai pas la pêche.
Le chef n’est pas à prendre avec des pincettes, aujourd’hui. (= il est de très mauvaise humeur.)
Ce n’est pas du meilleur goût / du meilleur effet.
Y a pas foule ! (= il n’y a pas beaucoup de monde, de clients)
Y a pas de comparaison.
Il n’y a pas mort d’homme. (= ce n’est pas grave.)
Il n’y a pas de quoi se réjouir / être fier.
Il n’y a pas de quoi rire.
Il n’y a pas de quoi en faire un plat / un fromage (tout une histoire)
Il n’y a pas de quoi fouetter un chat.
Ça ne va pas arranger nos affaires. (= c’est mauvais pour nous.) 
Je ne raffole pas des légumes. (raffoler de = aimer à la folie)
Je ne vois pas d’inconvénient à…
C’est loin d’être terminé.
Loin de moi cette idée.
On n’est pas dans la merde ! (= on est bien embêtés.)
Il ne veut rien savoir / entendre (= il refuse de m’écouter)
C’est pas mal (du tout).
Ce n’est pas inintéressant.
 Il n’est pas inutile de rappeler…
Il va sans dire que…
Vous n’êtes pas sans savoir que…
C’est pas bête, ça !
Ce n’est pas idiot.
Ce n’est pas fameux (= c’est mauvais)
Ce n’est pas donné (= c’est cher)
Tu n’es pas fou / folle ?
 C’est pas la moitié d’un con.
C’est pas une lumière / un génie (en parlant de quelqu’un). Ce n’est pas une flèche.
C’est pas malin / intelligent.
Ce n’est pas simple, ce n’est pas facile, ce n’est pas de la tarte / du gâteau.(fam.)
Ce n’est pas compliqué. Ce n’est pas la mer à boire. 
Je vais essayer de la convaincre mais ce n’est pas gagné ! (= pas gagné d’avance)
Ça n’a pas été une partie de plaisir.
C’est pas terrible (= formidable, merveilleux). C’est pas le pied.
Ce n’est pas une sinécure. / Ce n’est pas de tout repos.
Ce n’est pas clair.
Vous n’y êtes pas / pas du tout (= vous vous trompez)
Ce n’est pas faux (= c’est vrai)
Je ne suis pas de la partie (ce n’est pas mon métier, je ne suis pas qualifié pour ça.)
Ce n’est pas évident (fam. = facile à réaliser)
Ce n’est pas pour tout de suite.
Je ne vais pas le gifler mais ce n’est pas l’envie qui m’en manque (fam. = je voudrais bien).
Ce n’est pas l’idéal. Ça ne m’arrange pas.
Il est méchant ; ce n’est pas peu dire.
Ce n’est pas pour dire (du mal de lui) mais qu’est-ce qu’il sent mauvais.
Va prendre une douche. Ce ne sera pas du luxe ! (= ce ne sera pas inutile.)
Ce n’est pas ma tasse de thé.  Ce n’est pas mon truc (fam.)
Il / elle est pas mal, pas vilain / vilaine (du tout)
Son mari n’est pas radin // pas généreux
Ce n’est pas la personne la plus courageuse que je connaisse.
Il ne fait pas chaud, ce matin.
Ce n’est pas la générosité / l’intelligence / la douceur qui le caractérise / qui l’étouffe.
Je ne vous cache pas que…
Je mentirais si je vous disais que…
On ne peut pas dire / prétendre le contraire.
Rien ne m’intéresse moins// Rien ne m’intéresse davantage.
Pour tout vous dire, j’ai connu des heures plus glorieuses.
Je n’ai pas besoin de te faire un dessin (= tu vois ce que je veux dire)
Il ne faut pas me le dire deux fois.
Ce n’est pas ce que j’ai compris.
Pas de chichis entre nous ! (fam.)
Il ne se prend pas pour n’importe qui.
Je ne suis pas homme à accepter / tolérer…
Je n’ai pas la tête à ça en ce moment. (= je pense à d’autres choses plus sérieuses)
Il n’a pas l’air commode (= il semble avoir mauvais caractère)
Sans indiscrétion, combien est-ce que vous gagnez ?
Je ne peux pas vous le reprocher (je vous approuve)
N’oubliez pas que je suis votre employeur.
N’allez pas croire que…
Ne le prenez pas mal, mais comment avez-vous fait pour rencontrer Isabelle ?
Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous aura pas prévenu(e).
Vous n’y allez pas avec le dos de la cuillère (fam.) (= Vous exagérez ! vous y allez fort. Vous vous servez trop copieusement.)
Il ne prend pas de gants avec moi = il n’est pas doux / pas diplomate.


Pour prendre poliment congé de quelqu’un de bavard :
Je ne vous retiens pas (plus longtemps).
Je ne veux pas abuser de votre temps.
Je ne veux pas vous déranger plus longtemps.
Ce n’est pas que je m’ennuie (avec vous) mais je vais devoir y aller.
C’est pas le tout mais j’ai du travail.

Pour accepter une proposition / invitation :
Je ne dis pas non.
Ce n'est pas de refus.


On aurait tort de se gêner / de s'en priver.
Je n'ai pas chômé (= j'ai beaucoup travaillé)
Je ne vais pas te mentir...
Sans fausse modestie
Il ne ménage pas sa peine.
Il ne donne pas sa part au chien.
Il ne se mouche pas du coude.
Le roi n'est pas son cousin (= il est plus heureux / plus fier qu'un roi.)
On n'est pas sortis de l'auberge ! 
Je ne te le fais pas dire.
Vous ne perdez pas de temps.
Je ne mange pas de ce pain-là.
Ce n'est pas demain la veille qu'on le verra débarrasser la table.
Il ne faut pas vous en promettre.
Il n'a pas les deux pieds dans le même sabot.
Je n'ai pas les yeux en face des trous.
Tu n'as pas le compas dans l'œil.
Tu n'y vas pas de main morte.
Ca ne sent pas la rose ici. 
Son petit discours n'est pas passé inaperçu. 
Quelle circulation ! On n'est pas arrivés. 
Je ne suis pas né de la dernière pluie. 
On n'a pas élevé les cochons ensemble. 
Il n'est pas à plaindre. 
Je ne suis pas aveugle. 
Je ne vais pas rester les bras croisés. 
Je ne suis pas insensible à son charme.
Je n'ai pas hâte / je ne suis pas pressé de les retrouver. 

Ce n'est pas le bon chemin, la bonne clé. 
Ce n'est pas la petite bête qui va manger la grosse.
Tu n'as pas la langue dans ta poche.
Je ne le porte pas dans mon cœur.
Ça ne lui portera pas chance.
Ne fais pas celui qui n'a pas compris.

Monday, September 07, 2015

Tournures idiomatiques avec le verbe faire


Chers étudiants et amis,

J'ai dressé cette liste à votre intention, sachant que l'anglais se dispense fréquemment du verbe faire, qui exprime ici une action indirecte sur quelque chose ou quelqu'un.


Faire bouillir de l’eau
Faire bouillir la marmite (sens figuré)
Faire pousser des légumes
Faire cuire des œufs
Faire sauter des légumes
Faire sauter des crêpes
Faire sauter une contravention (sens figuré)
Faire sauter la banque (fam. au casino)
Faire flamber une banane
Faire revenir des oignons
Faire jaillir une source
Faire germer des graines
Faire lever une pâte
Faire gonfler la semoule
Faire mijoter de la viande
Faire réchauffer un plat
Faire griller des poivrons
Faire rôtir un poulet au four
Faire mariner un poulet
Faire sécher du linge
Faire partir un aphte
Faire tomber son téléphnone
Faire sentir à quelqu'un qu'il doit s'en aller
Faire rebondir une balle
Faire perdre / gagner du temps à quelqu'un
Arrête de chanter, tu vas faire pleuvoir ! (fam.)
Faire couler un bateau / une entreprise
(Pour) faire marcher le commerce
Faire tourner le moteur
Faire chauffer le moteur (des voitures d'autrefois)
Faire repartir un moteur (qui n'a pas tourné depuis longtemps)
Faire sortir une épine / une écharde (de la main, du pied)
Faire éclore un œuf 
Faire entendre raison à quelqu'un
Faire plier quelqu'un
Faire avouer quelqu'un
Se faire excuser 
Se faire pardonner
Se faire sauter la cervelle
Savoir se faire aimer 
faire mourir une plante
Faire tremper des pinceaux dans l'essence
Faire voir quelque chose à quelqu'un
En faire voir de toutes les couleurs à quelqu'un (= faire souffrir quelqu'un)
Faire revivre les couleurs de quelque chose 
Faire fructifier son épargne
Faire prospérer une entreprise
Faire passer un chameau par le chas d'une aiguille
Faire passer l'information
Faire circuler les livres / les idées
Faire marcher quelqu'un
Faire couler un bain à quelqu'un
Faire baisser une cote (artificiellement)
Faire baisser / chuter la fièvre
Faire durer son couple
Faire durer le plaisir (ironique)
Faire travailler son cerveau
Faire briller sa voiture
Faire monter les blancs en neige
Faire monter les enchères (artificiellement)
Faire chavirer une barque
Faire blanchir les dents
Faire boire quelqu’un
Faire chanter quelqu’un
Faire damner quelqu’un
Se faire porter pâle / malade
Faire miroiter quelque chose à quelqu’un
Faire souffrir son ex
Faire bander un mec (fam.)
Faire grossir / maigrir
Faire enrager quelqu'un, faire bisquer quelqu'un
Faire claquer un fouet
Se faire prier (pour faire quelque chose)
Se faire avoir comme un bleu (un débutant)
Faire résonner les murs / sa voix
Faire patienter quelqu’un
Faire suivre son courrier / quelqu’un
Faire arrêter quelqu'un
Faire naître une idée / une vocation chez quelqu'un
Faire disjoncter le compteur
Faire sauter un bouchon (de champagne)
Faire repousser les cheveux
Faire revenir un homme
Faire vivre une expérience
Faire revivre une orchidée / un village
Faire planer un doute 
Faire céder quelqu’un
Faire céder une porte
Faire craquer une allumette 
Faire craquer ses doigts
Faire trembler les murs
Faire courir un bruit
Faire taire la rumeur 
Faire taire quelqu'un
Faire pivoter une image
Faire dérailler un train
Faire échouer une opération
Faire pâlir quelqu'un
Faire coulisser une porte
Faire certifier conforme un document
Faire signer une pétition
Faire émarger les participants (signer)
Faire gémir quelqu’un
Faire grincer des dents

Aimer se faire plaindre



Conférence de presse du Président de la République : fautes et maladresses



Chers amis,

Je me suis amusé à passer en revue différentes fautes de langue et de prononciation ainsi que des maladresses de style commises par le Président Hollande, au cours des douze premières minutes de sa conférence de presse du 7 septembre 2015, qui a duré près de deux heures.



Je vous remerci-e (beaucoup de "e" et de "euh"
Y a des images, y a des évènements qui frappent à la porte de notre conscience (Y a  : ellipse appartenant au langage familier. Et métaphore puérile).
Il me revient de répondre/ à l’urgence (pas de liaison naturelle)
avec / humanité et responsabilité (pas de liaison naturelle)
C’est une crise ; elle est dramatique, elle est grave. (gradation inversée, donc l’effet est raté)
C’est pourquoi fa-ce à ces drames, face / à cette situation (pas de liaisons naturelles)
J’ai proposé un mécanisme (verbe absent, maladroit – de mettre en place un mécanisme)
Pour rejoindre… pour répartir l’effort (défaut de gémination des R)
Le mot important, c’est obligatoire. (maladroit et enfantin)
Parce que c’est ce qui fait la différence avec ce qui s’est fait ou plutôt ne s’est pas fait (très maladroit)
La France, elle est disposée à prendre sa part… (répétition familière du pronom, faute Hollandiste)
Elle est disposée à prendre sa part (de quoi ?)

C’est le principe sur lequel je considère la France est engagée. (Je considère QUE ou sur lequel, selon moi, la France est engagée.)
La proposition que nous avons nous-mêmes établie (on n’établit pas une proposition, on la fait)
… se sont mobilisés pour d’ores et déjà assurer cet asile. (locution adverbiale mal placée entre la préposition et l’objet)
Les cultes se sont mobilisés (non, les associations / les conseils de culte)
Je salue ces initiatives ; elles doivent êt’ coordonnées. (être, apocope familière, comme les fait Manuel Valls.) (Chirac aurait dit : doivent_êtrE coordonnées)
Et le Premier Minist’ (apocope) aura/ à mettre / en œuvre/ l’ensemble des politiques qui découlent de ces choix (ni liaisons, ni enchaînement vocalique)
La réponse, elle est européenne, la réponse, elle est globale (! )
Pour que les frontières de l’Europe puissent / être protégées (pas de liaison naturelle ni soutenue)
Y a quat’ millions de déplacés (grossier pour un Chef d’Etat)
Si nous voulons éviter l’exode de ces populations, l’enjeu, c’est de fournir… (lourd !)
Mettre en place des centres qui peuvent accueillir ceux qui veulent fuir (subjonctif : qui puissent)
Il faut élever le niveau de la responsabilité (quoi ? élever le débat sans doute.)
Cette question, elle touche bien sûr l’Afrique (pronom intempestif)
Compte tenu des guerres et des crises (gémination incorrecte compte tenu t-t- et non « con-tenu »)
Avec les ministres des Affair(es ) étrangères (pas de liaison z pourtant usuelle)
Le quatorze septemb’ prochain (apocope du langage familier encore une fois)
Et je veux que ces orientations (le roi dit « nous voulons »)
Nous devons donc lutter contre le terrorisme et c’est le choix que j’ai fait (bravo, monsieur le Président !)
… tant que le fondamentalisme, le djihadisme entrintiendront la haine (faute de prononciation non corrigée).
Le terrorisme, il ne vient pas de nulle part ; il a ses origines, son idéologie, ses organisations. (discours creux !)
Daesh a développé son emprise depuis près de deux ans (accentué son emprise serait plus correct)
Ma responsabilité, c’est d’assurer que nous puissions être informés au mieux des menaces qui pèsent sur notre propre pays (maladroit et incorrect : assurer qui ?) : il aurait fallu dire : ma responsabilité est de garantir à la Nation la meilleure information possible sur les menaces…
Au titre de l’artic’ 35 de la constitution
Le constat ne fait plus débat. (la question !)
Alors la France, parce qu’elle reçoit cette conférence, la France, parce qu’elle est engagée, la France veut accélérer. (On accueille une conférence, on ne la reçoit pas. Et la phrase est lourde et contient des répétitions, je ne dirai pas lesquelles.)