Thursday, May 23, 2013

De l'emploi incorrect et intempestif de la locution "Du coup"



Chers Amis francophiles,

Il y a quelque temps, j'ai créé, sur mon site, une rubrique intitulée Solécismes, Barbarismes, etc.
Elle a pour essentiellement pour but de mettre en garde les étrangers contre des fautes de langues souvent commises par les Français.
En effet, dans toutes les langues, on commet des fautes, souvent en raison d'expressions synonymes dont on croise les prépositions ou les verbes.
Par ailleurs, il convient d'éviter les pléonasmes. Récemment, j'ai rencontré dans le dictionnaire Le Petit Robert – que j'aimais avant qu'il ne devienne laxiste et de moins en moins académique – une définition du mot penchant : inclination naturelle. Or, tout comme un penchant, une inclination est naturelle.

DU COUP :
Vous avez sûrement constaté que cette locution de conséquence faisait flores et qu'un Français pouvait l'employer jusqu'à six ou sept fois par minute. Il suffit d'avoir l'oreille sensible à la beauté de la langue pour s'en scandaliser.
Originellement, cette locution n'est pas synonyme de donc ou de par conséquent. Elle doit s'employer en réaction à un événement soudain et contrariant.
Ex. Nous avons raté le dernier métro. Du coup, nous avons été obligés de rentrer en taxi.
Donc, du coup, expression que j'entends malheureusement à tout bout de champ, est un parfait pléonasme. Si vous l'entendez, évitez soigneusement de la répéter.
La locution du coup, telle qu'elle est employée depuis peu, agit comme une sorte de virus linguistique. Un locuteur peut, en effet, très facilement "contaminer" son auditoire, qui risque fort d'attraper ce tic verbal.
Il n'est nul besoin de dire qu'il est affreux. C'est le cas de tout tic verbal.
Le pire est que cette locution a tendance à remplacer les mots suivants, au sens pourtant très différent :
Comme ça / ainsi / de cette manière / 
C'est pour ça que / C'est à cause de ça que / Voilà pourquoi
Alors
En fait
On comprend donc comment du coup peut se trouver être employé à tort et à travers et, ce faisant, enlaidit le langage et fatigue les interlocuteurs.

Vous trouverez Ne dites pas, dites en cliquant sur le lien suivant :
http://sites.google.com/site/michelgarcon/ne-dites-pas-dites

A bientôt,

Michel

Michel Garçon
Professeur de français à Paris
Spécialiste de la phonétique